Conchita Cabrera de Armida

Sa vie

Conchita Cabrera de ArmidaNée le 8 décembre 1862 à San Luis Potosi, Mexique, dans une famille de douze enfants, Conception (Conchita) Cabrera épousa à 22 ans un ami d'enfance, Francisco Armida Garcia de Monterrey. Epoux heureux, ils eurent neuf enfants, dont une fille qui devint religieuse et un fils qui devint jésuite. Très jeune, Conchita développa une profonde vie spirituelle. En 1889, au cours d'une retraite, Jésus lui dit : "Ta mission sera de sauver les âmes". Ce fut le début d'entretiens familiers avec le Seigneur, dont elle conserva la trace dans son Journal. A partir de ce moment, elle commença à faire de l'apostolat. L'année 1894 sera décisive : le 14 janvier, elle grava sur sa poitrine le Nom de Jésus et le 23 janvier, le Seigneur répondit en célébrant avec elle les fiançailles spirituelles. Le 3 mai était érigée la première des cinq congrégations qu'elle a fondées : l'Apostolat de la Croix.
Il faudrait développer longuement sa spiritualité et son déploiement au cours de sa vie. Soulignons toutefois la mort de son mari, en 1901, après 17 ans de mariage, qui fut une lourde épreuve. Soulignons également la grâce de l'incarnation mystique, le 25 mars 1906, qui marqua une profonde union entre Conchita et Jésus. En ce qui concerne sa mission en faveur des prêtres, c'est de 1927 à 1931 qu'elle reçut du Christ des Confidences sur le sacerdoce, qu'elle consigna dans son journal spirituel. Dès 1914, elle avait invité, à la demande de Jésus, d'offrir chaque dimanche sa communion pour les prêtres.
Elle meurt saintement à Mexico le 3 mars 1937, dans un pays meurtri par les lois férocement anticléricales du président Calles qui a entraîné le martyre de tant de Cristeros.

Florilège de textes sur le sacerdoce

Offrir Jésus au Père

A la Mission Marie Mère des Prêtres, nous offrons chaque jeudi notre communion pour les prêtres et les séminaristes. En cela, nous entrons dans le mouvement d'offrande de Jésus au Père qui s'effectue à la messe, et nous y coopérons. C'est à cette offrande que Jésus invite Conchita. Il lui dit le 21 juin 1906 :

"Tu es à la fois autel et prêtre, puisque tu possèdes la Victime très sainte du Calvaire et de l'Eucharistie et que tu as le pouvoir de l'offrir continuellement pour le salut du monde. [...] Tu es mon autel et en même temps tu seras ma victime. Offre-toi en union avec Moi. Offre-Moi à chaque instant au Père éternel, dans le but si élevé de sauver les âmes et de le glorifier."

Un peu plus tard, Jésus lui demande :
"Je veux que, dans tous les diocèses, les fidèles offrent leur communion dominicale pour les prêtres, qui ont grand besoin de recevoir l'Esprit Saint. Et je promets que des effets bénfiques ne tarderont pas à se faire sentir dans l'Eglise."
Ceci donna naissance le 10 avril 1914 à la fondation de la Communion dominicale en faveur des prêtres.

Le 30 juin 1914, Jésus lui confie:
"Toute pure et toute sacrifiée dans ton corps et dans ton âme, tu dois t'offrir et M'offrir au Père céleste à chaque instant, à chaque respiration, en faveur d'abord de mes prêtres et de mon Eglise, puis des Oeuvres de la Croix, du monde entier, des bons et des méchants. [...] 'Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang': Je répète cela au Père éternel à chaque instant sur les autels. Rends-toi digne, autant que possible, d'offrir ton corps, ton sang, ton âme et tout ce que tu es, comme Je te l'ai dit, en union avec cette immolation continuelle en faveur du monde"

L'Esprit Saint et les prêtres

Le 2 mars 1928, Jésus lui dit:
"Le temps est arrivé d'exalter le Saint-Esprit dans le monde : Il est l'âme de cette Eglise bien-aimée. Cette Personne divine se répand dans tous les actes de l'Eglise avec prodigalité. Je désire que cette dernière époque soit très spécialement consacrée à cet Esprit-Saint, qui opère toujours par l'amour. Il a dirigé l'Eglise dès son commencement, par les trois actes d'humble amour en Pierre (cf Jn 21); et Je désire que dans ces derniers temps ce saint amour enflamme tous les coeurs, mais très spécialement le coeur du Pape et de mes prêtres. [...] Je remande de nouveau que le monde soit consacré très spécialement au Saint-Esprit, en commençant par tous les membres de l'Eglise, à cette troisième Personne de la Trinité."

Et le 11 mars de la même année:
"C'est mon désir que l'univers soit consacré à l'Esprit Divin pour qu'il se répande sur la terre dans une 'nouvelle Pentecôte'"

Les Confidences de Jésus aux prêtres

Il faudrait citer presque intégralement les Confidences de Jésus aux prêtres qui sont une oeuvre magnifique et extrêmement riche. Le livre est disponible aux éditions Téqui, 2008, sous le titre : "A ceux que j'aime plus que tout. Confidences de Jésus aux prêtres". Voici cependant quelques extraits.

Sur la formation des prêtres:
"Dans les séminaires et dans les noviciats, [...] il faut dépeindre avec grandeur la sainteté des devoirs auxquels les prêtres s'engagent. [...] Il faut aussi évoquer concrètement la croix que les prêtres vont avoir à vivre par amour pour moi, sans omettre les tentations qu'ils vont devoir subir et la guerre insidieuse que le Malin va leur livrer tous les jours de leur vie. [...] Il faut aussi insister sur la force de Dieu et sur l'amour infini que l'Esprit Saint a pour eux. [...] Ils doivent devenir de plus en plus semblables à moi, avant même d'être ordonnés. [...] Que les futurs prêtres se rendent bien compte que le Père va leur communiquer le principe même de sa fécondité, afin qu'ils donnent des âmes saintes à l'Eglise de Dieu. [...] Il faut enseigner aux prêtres que, plus que les autres hommes, ils ont une filiation sainte et divine avec le Père, une fraternité sainte et pure avec le Verbe fait homme, et une union intime, parfaite et constante avec l'Esprit Saint qui, par ses dons, ses lumières et son feu divin, est celui qui éteint les traits enflammés de la concupiscence du Malin et les protège. Il faut insister sur cette Présence trinitaire dans la vie des prêtres" (p. 62-63).

Sur la sainteté des prêtres:
"Je suis fatigué de voir tant de médiocrité, de voir que le monde s'enfonce, non pas à cause du manque d'ouvriers pour le travail de ma vigne, mais à cause du manque de bons et saints ouvriers, qui soient uniquement préoccupés de mes intérêts et de la gloire de mon Père. [...] Je veux restarer de nombreux coeurs sacerdotaux, réveiller beaucoup d'âmes endormies, toucher au plus intime, faire entendre ma voix au plus profond, pour les les prêtres répondent à mon désir de perfection et d'unité. [...] Ils reviendront, j'insiste, ils reviendront, les prêtres égarés [...]. Ils reviendront, les prêtres indifférents et tièdes, les prêtres ambitieux et avares, les prêtres blessés et affligés de tous les maux, les paresseux, les impurs, tous, ils reviendront. [...] Mon Eglise va recevoir une nouvelle effusion d'amour et le Souverain Pontife sera consolé en voyant refleurir cette pépinière de prêtres" (p. 75-76).

"Dès que quelques uns des miens seront transformés en moi, ils regarderont ceux qui ne le seront pas avec charité et douceur, corrigeant, pardonnant et même souffrant pour eux... Ils prieront et supplieront le Père et obtiendront tout car la prière, unie au sacrifice, obtient tout. Telle a été ma mission et telle sera celle des prêtres transformés en moi. Ils comprendront l'urgence qu'il y a de sauver d'abord les prêtres pour ensuite sauver les âmes à travers eux. Ils prieront à temps et à contretemps, sans relâche, pour ces prêtres égarés. [...] Il y aura des résistances à cette sanctification sacerdotale. On dira que tous les prêtres ne sont pas des saints Paul, mais on aura tord, car ils devront bien le devenir. Tous mes prêtres sont des apôtres et ont reçu des grâces pour l'être" (p. 177).

"Tout ce que je t'ai dit, Conchita, a pour but d'amener chaque prêtres à renouveler les promesses du beau jour de son ordination, à retrouver les émotions et les sentiments qui emplissaient son coeur et à lui redonner du courage en ravivant son désir de sainteté. Oui, il faut que les prêtres m'aiment, qu'ils m'aiment davantage, qu'ils retrouvent leur amour premier, car seul l'amour est capable de leur redonner un élan et de les sanctifier. Je parle de l'Amour en personne, c'est-à-dire de l'Esprit Saint qui unit par l'amour. C'est pourquoi les prêtres doivent se consacrer à lui, tous les prêtres en général et chacun d'eux en particulier et personnellement. [...] Voici la prière quotidienne que les prêtres auront à coeur de dire: (p. 77-78)


Esprit Saint,
reçois la consécration parfaite et absolue de tout mon être.
Sois présent désormais dans chacune des actions de ma vie et dans chacune de mes actions.
Sois mon Directeur, ma Lumière, mon Guide, ma Force et l'Amour de mon coeur.
Je m'abandonne sans réserve à tes opérations divines et veux être docile à toutes tes inspirations.
Esprit Saint, transforme-moi avec Marie et en Marie en un autre Christ Jésus,
pour la gloire du Père et le salut du monde. Amen.

Sur le prêtre, la messe et Marie:
"Lors de la Messe, les prêtres reçoivent, en un certain sens, le pouvoir de concevoir le Verbe fait chair et, de ce fait, ils ont un droit de maternité vis-à-vis de Jésus. En effet ce sont eux qui le font naître, non seulement mystiquement, mais réellement, en chaque hostie, par les paroles créatrices et efficaces de la Consécration, qui émanent de la puissance fécondante du Père. De ce fait, chaque prêtre et chaque évêque participent à la fois à la grâce de la maternité de Marie et à celle de la paternité de Dieu, ainsi qu'au prodige étonnant de l'amour de l'Esprit Saint. C'est pourquoi tout prêtre qui représente le Christ dans ce sacrement de l'Eucharistie porte en lui le reflet de Marie et doit devenir semblable à elle. [...] Car Marie a été intimement unie au Verbe, et au Père. Elle m'a offert à lui dans ses mains très pures lors de la Présentation au Temple, lors de ma Passion au Calvaire et à chaque instant de ma vie sur terre..."(p.83)

Sur le prêtre et la souffrance:
"En quoi consiste la souffrance du prêtre? Elle est dans le renoncement à lui-même, dans le renoncement à tout en faveur des devoirs sacerdotaux et de la sainteté. Le pretre doit embrasser la Croix avec empressement et avec bonheur, et souffrir, souffrir, mais toujours par amour, car seul l'amour purifie la souffrance et lui donne de la valeur... Le prêtre doit penser que c'est moi, Jésus, qui souffre dans son âme lorsqu'il est devenu semblable à moi, et que je prends sur moi ses souffrances pour les offrir au Père. [...] Je ne parle pas ici des douleurs intimes de mon Coeur, qui sont différentes et d'origine surnaturelle. Ces souffrances-là, c'est moi qui les donne à mes fils de prédilection. Elles renferment l'essence de mon Amour pour les prêtres. Ah! si mes prêtres comprenaient que j'ai pris toutes les souffrances des hommes et que je leur demande d'en faire autant!" (p. 106)